Joug (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

(g ne se prononce pas)
XII e siècle, jou . Issu du latin jugum, de même sens.
1. Pièce de bois qu'on pose sur la tête des bœufs et de certains autres animaux de trait, et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue. Mettre les bœufs au , leur ôter le .
2. Pique attachée horizontalement à deux autres fichées en terre, et sous laquelle on faisait passer les ennemis vaincus. Passer sous le était un opprobre.
3. Fig. Contrainte de la servitude, de la sujétion. Le de la tyrannie. Mettre, tenir sous le . Imposer le . Porter, subir le . S'affranchir du , secouer le . Par plaisanterie. Le du mariage.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

(Quelques-uns prononcent le G.) Pièce de bois que l'on pose sur la tête des boeufs et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue. "Mettre les boeufs au joug, leur ôter le ."
Il signifie, au figuré, Servitude, sujétion. "Joug pesant, rude, insupportable. Joug honteux Le de la servitude. Mettre sous le . Tenir sous le . Imposer le . Porter le . Subir le . S'affranchir du . Secouer le ." JÉSUS-CHRIST "dit, dans l'Évangile, que son est doux."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Pièce de bois servant presque exclusivement à l'attelage des boeufs et des vaches.
CORN.: « Il fallait mettre au deux taureaux furieux »

 2   Dans l'ancienne Italie, pique placée horizontalement sur deux autres fichées en terre et sous laquelle on faisait passer les ennemis vaincus. L'armée romaine passa sous le aux Fourches Caudines.
ROLLIN: « Ils furent tous passés sous le et renvoyés chacun avec un habit seulement »

 3   Fig. Sujétion qu'impose un vainqueur ou une autorité oppressive.
CORN.: « Si le qui l'accable [Rome] est brisé par nos mains »
SACI: « Il vous fera porter un de fer, jusqu'à ce que vous en soyez écrasés »
BOSSUET: « Les Ioniens qui avaient secoué le des Perses »
BOSSUET: « J'ai brisé le du roi de Babylone »
RAC.: « Au depuis longtemps ils se sont façonnés »
RAC.: « Ennemi des Romains et de la tyrannie, Je n'ai point de leur subi l'ignominie »
RAC.: « Fut-il jamais au esclaves plus soumis ? »
ROLLIN: « On peut dire que ce fut la bataille de Chéronée qui mit la Grèce sous le »
VOLT.: « Ah ! vous ferez aimer votre aux vaincus »

 4   Il se dit de l'empire de l'amour.
RAC.: « L'amour n'a-t-il encor triomphé que de vous ?.... Mortelle, subissez le sort d'une mortelle ; Vous vous plaignez d'un imposé dès longtemps »
A. CHÉN.: « Partons, la voile est prête, et Byzance m'appelle ; Je suis vaincu, je suis au d'une cruelle ; Le temps, les longues mers peuvent seuls m'arracher Ses traits que malgré moi je vais toujours chercher »
    Il se dit aussi du lien du mariage.
SÉV.: « Il faut que M. de la Garde ait de bonnes raisons pour se porter à l'extrémité de s'attacher avec quelqu'un [se marier] ; je le croyais libre, et sautant, et courant dans un pré ; mais enfin il faut venir au timon, et se mettre sous le comme les autres »
BOILEAU: « Oui, déjà le notaire a, d'un style énergique, Griffonné de ton l'instrument authentique »
BOILEAU: « L'hyménée est un , et c'est ce qui m'en plaît »
RAC.: « Au d'un autre hymen sans amour destinée »

 5   Contrainte morale, sujétion.
CORN.: « Mon âme a secoué le de cent remords »
BOSSUET: « Déçue par la liberté dont elle a fait un mauvais usage.... elle [l'âme] se met de tous côtés sous le »
BOSSUET: « Quand on regarde la facilité incroyable avec laquelle la religion a été ou renversée ou rétablie par Henri, par Édouard, par Marie, par Élisabeth.... on est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir été trop soumis, puisqu'ils ont mis sous le leur foi même et leur conscience »
RAC.: « Heureux qui, satisfait de son humble fortune, Libre du superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché ! »
RAC.: « J'espère Qu'indocile à ton [le de Dieu], fatigué de ta loi.... »
MASS.: « Le point fixe de nos lumières, c'est la foi ; on retrouve, en secouant le , les mêmes abîmes et les mêmes incertitudes que dans la soumission »
MASS.: « Vous vous êtes engagé sous un différent »
MASS.: « Il est terrible de porter un auquel on ne s'est pas soi-même condamné »
VOLT.: « Qui sent le le porte avec murmure »
    Il se dit aussi, en bonne part, d'une contrainte salutaire.
CORN.: « Un que m'imposait cette faveur publique »
FLÉCH.: « Cette sage mère plia le jeune de Sainte-Maure avec une extrême douceur sous le de l'autorité maternelle »
BOILEAU: « [La rime] Au de la raison sans peine elle fléchit, Et, loin de la gêner, la sert et l'enrichit »
RAC.: « Tu voudras t'affranchir du de mes bienfaits »
MASS.: « Vous vivrez sans et sans règle »
    Le du Seigneur, l'obéissance aux lois de la religion.
FLÉCH.: « Il n'eut pas moins de soin d'examiner la vocation de ses deux vertueuses filles, qui portent le du Seigneur dans un des plus saints ordres de l'Église »
MAINTENON: « Point de plus doux que celui du Seigneur ; ceux qui sont à lui sont toujours contents »
    Faire , se soumettre (locution qui a vieilli).
RÉGNIER: « Il faut que mon humeur fasse à ta loi »
SAINT-SIMON: « Les ministres poussèrent l'inégalité de la suscription avec tout ce qui n'est point titré, et même avec les évêques, archevêques, et tout leur a fait »

 6   Bâton ou fléau d'une balance.

 7   Terme de marine. Bâton pour tordre les cordages de moyenne grosseur et pour serrer une ligature.
    Ancien terme de marine. Forte pièce de bois qui, dans une galère, à la proue et à la poupe, traversait le navire et supportait par ses extrémités tout l'appareil des rames.
    On disait aussi par corruption joup, JAL.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Liber psalm. p. 2: Dejetums de nus [nous] le juh de els [eux]
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Quant li hom use sa vie en vices, il li semble trop grief le de vertu »
BRUN. LATINI: « Li home gardassent volentiers la franchise que nature leur avoit donée, et n'eussent miz lor col au jou des seignories, se ne fust ce que les males oevres multeplioient perilleusement »
     la Rose, 18006: Jamais buef sa teste cornue Ne metroit à jou de charrue
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Que le consulat estoit mis souz le jouc de la puissance tribunicienne »
    XVIème siècle
CABLOIX: « Les plus mutins et revesches excitoient les autres à faire [à se soumettre] à ceste ordonnance »
MAROT: « Mais je veux bien au vray vous advertir, Que, longtemps a, il fut mis sous le jou De mariage au bas pays d'Anjou »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. jo ; catal. jou ; espagn. jugo ; portug. jugo ; ital. giogo ; du lat. jugum ; allem. Joch ; persan, iough ; sanscr. yuga ; du verbe yuj, joindre, aú sens d'attacher, atteler ; latin, jungere.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


(On fait sentir un peu, et comme "gue," le G final, même devant une consonne.) Pièce de bois qu'on met par-dessus la tête des boeufs, et avec laquelle ils sont attelés pour tirer, pour labourer. "Mettre les boeufs au . Leur ôter le ."
Il signifie figurément, Servitude, sujétion. "Joug pesant, rude, insupportable. Joug honteux. Le de la servitude. Le de la loi. Mettre sous le . Tenir sous le . Imposer un . Porter le . Subir le . S'affranchir du . Secouer le . Le s'est appesanti sur leurs têtes." JÉSUS-CHRIST "dit, dans l'Évangile, que son est doux. Le de l'étiquette."
"Le du mariage," Le lien du mariage. "Il est marié, le voilà sous le ."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, dans l'Histoire romaine, d'Une pique attachée en travers au bout de deux autres piques fichées en terre, et sous laquelle on faisait passer des ennemis vaincus. "Faire passer une armée sous le . Passer sous le était un opprobre."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


(On fait sentir un peu, et comme "gue," le G final, même devant une consonne.) Pièce de bois traversant par-dessus la tête des boeufs, et avec laquelle ils sont attelés pour tirer ou pour labourer. "Mettre les boeufs au . Leur ôter le ."
Il signifie figurément, Servitude, sujétion. Joug pesant, rude, fâcheux, insupportable. Le de la servitude. Le de la Loi. Mettre sous le . Tenir sous le . Imposer un . Porter le . Subir le . S'affranchir du . Secouer le . Le s'est appesanti sur leurs têtes. Jésus-Christ dit dans l'Évangile que son est doux.
On dit figurément, "Le du mariage, " pour dire, Le lien du mariage. "Il est marié, le voilà sous le ."



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Joug, se dit dans l'Histoire Romaine, De trois piques, dont deux étant fichées en terre, étoient traversées de la troisième par en haut; et c'étoit sous cette espèce de que les anciens Romains faisoient passer les ennemis vaincus. "Faire passer une armée sous le ."



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



(On fait sentir un peu la lettre finale, même devant une consonne.) Pièce de bois traversant par-dessus la tête des boeufs, & avec laquelle ils sont attelés pour tirer ou pour labourer. "Mettre les boeufs au . Leur ôter le ."
Il signifie figurément, Servitude, sujétion. "Joug pesant, rude, fâcheux, insupportable. Le de la servitude. Le de la domination. Le de la Loi. Mettre sous le . Tenir sous le . Imposer un . Porter le . Subir le . S'affranchir du . Secouer le . Le s'est appesanti sur leurs têtes. JESUS-CHRIST dit dans l'Évangile que son est doux."
On dit, "Le du mariage," pour dire, Le lien du mariage. "Il est marié, le voilà sous le ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit dans l'Histoire Romaine, De trois piques, dont deux étant fichées en terre, sont traversées de la troisième par en haut; & c'étoit sous cette espèce de que les anciens Romains faisoient passer les ennemis vaincus. "Faire passer une armée sous le ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Faites soner légèrement le "g" final, même devant une consone.] Au "propre", pièce de bois, traversant par-dessus la tête des boeufs, et avec laquelle ils sont atelés pour tirer ou pour labourer. 'Mettre les boeufs "au ": les ôter "du ". = "Fig." Servitude, sujétion. 'Mettre, tenir "sous le ". Imposer "un " insuportable. 'Porter, subir, secouer "le ". '"Le de" la Loi, "de" la servitude, "du" mariage, etc.
   REM. 1°. "Brebeuf" a dit, "faire à", pour, "se soumettre à". Je ne sais si cette expression bizârre est de son invention, ou, si elle était usitée de son temps.
   * L'Ausonie a par tout "fait à" ses efforts.
   2°. "Joug", ne régit les prép. "à" ou "sur", qu'en vertu des verbes, auxquels il est associé. '"Imposer aux" peuples ou "sur" les peuples "un " de fer. * M. "Moreau" lui atribûe ce régime, lors même qu'il est seul. 'Tout fut " sur" le peuple, et non secours destiné à sa défense. Il sous-entend "imposé".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Piece de bois traversant par dessus le front, & par dessus le col des boeufs, & avec laquelle ils sont attelez pour tirer ou pour labourer. "Mettre les boeufs au , leur lever le ".
Il sign. fig. Servitude, sujetion. "Joug pesant, rude, fascheux, insupportable. le de la servitude. le de la domination. le de la loy. mettre sous le . tenir sous le . imposer un . porter le joug. subir le . s'affranchir du . secouer le joug. le s'est appesanti sur leurs testes". "dit dans l'Evangile que son est doux".
On dit, "Le du mariage," pour dire, Le lien du mariage. "Il est marié, le voilà sous le ".
On dit, que "Tout fait devant un Prince, devant une armée," pour dire, que Tout cede, que rien ne resiste.
"Joug," Se dit encore de trois longues pieces de bois, ou de trois picques, dont les deux estant fichées en terre, sont traversées de la troisiesme par en haut, & c'estoit sous cette espece de porte que les anciens faisoient passer les ennemis vaincus. "Faire passer une armée sous le ".




Emplacement dans le dictionnaire :

jouelle
jouer
jouër
jouer à croix et à pile
jouer au vert
jouet
jouette
joueur
joufflu

jouillères ou jouières
jouir
jouïr
jouïssance
jouissance
jouissant
jouïssant
jouisseur
joujou
jour
jourdin




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...l'effet d'une trop longue course, sous une ombre légère, au bord frais d'une source, ta famille à présent se donne du repos, et sa suite avec elle, et les quatre chevaux du char, libres du joug, paissent dans la prairie, que les grands d'ici-bas ont une heureuse vie ! Entre tous les mortels honorés, glorieux, comme un feu dans la nuit ils attirent les yeux. La foule des soldats, ô roi, déjà...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...tous sans rougir j'aurais du moins pleuré. Il me faut respecter ma naissance et mon titre, et l'honneur rigoureux de ma vie est l'arbitre. Un peuple sans gémir se soumet à ma loi ; je fais peser le joug, mais c'est surtout sur moi. Lorsqu'une extrémité qui tout courage dompte me vient ainsi presser, si je verse des pleurs, ce serait à ma honte, ce le serait encor de ne les pas verser. Ah ! Trop...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...insensé, et puis les embarquer de force quand ils ne tiennent plus debout. Ensuite on appareille, bien vite, et, quand l'homme revient à lui, le navire est loin ; alors il est pris, sous un joug de fer, on l'emmène, comme un esclave, pêcher la baleine, loin de toute terre habitée. Une fois là, d'ailleurs, plus de danger qu'il ne s'échappe, car il est déserteur à son pays, perdu... donc, ce...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...complètement originale ; même dans l'exercice de notre profession, nous nous conformons à des usages, à des pratiques qui nous sont communes avec toute notre corporation. Mais, même dans ce cas, le joug que nous subissons est autrement moins lourd que quand la société tout entière pèse sur nous, et il laisse bien plus de place au libre jeu de notre initiative. Ici donc, l'individualité du tout...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...il ne suffit pas que la conscience personnelle de chacun se soit accrue en valeur absolue, mais encore qu'elle se soit accrue plus que la conscience commune. Il faut qu'elle se soit émancipée du joug de cette dernière, et, par conséquent, que celle-ci ait perdu de l'empire et de l'action déterminante qu'elle exerçait dans le principe. En effet, si le rapport entre ces deux termes était resté le...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...